Episode description
Une conversation qui m'a intéressé suffisamment, je m'empresse de te la rapporter : Faut pas se plaindre « Faut pas se plaindre. — Ah ! Pourquoi ? — Ce pourrait être pire. — Et parce que ce pourrait être pire, il ne faudrait pas se plaindre ? — Oui. — Se plaindre empirerait-il votre situation ? — Peut-être. — En quoi vous plaindre ferait-il empirer votre situation ? — Pendant que l'on se plaint, rien ne bouge. — Si rien ne bouge, rien n'empire. Alors pourquoi ne pas se plaindre ? — Ne pas s'apitoyer. C'est ça, ne pas s'apitoyer. — S'apitoyer est-ce pire, pire que la situation ? — Oui, ça n'avance à rien. — Cela n'avance t-il à rien d'éprouver un sentiment sous le coup d'une émotion ponctuelle ou récurrente, pour soi ? — Peut-être. Ça dépend du sentiment, de l'émotion. — Quelle émotion inspire un sentiment de pitié selon vous ? — La tristesse, le mépris. Un mélange des deux et pis peut-être d'autres choses encore. Tout ça, vos questions, ça ne m'avance pas vraiment. — Le mépris n'est pas une émotion, la tristesse oui. — Et la pitié alors ! Ce sentiment méprisable d'amour honteux. — La pitié non plus n'est pas une émotion. Comme le mépris, il s'agit d'un sentiment. Les deux d'ailleurs ont attraits à l'amour comme tous les sentiments sans doute. — Quand-même, se plaindre est pitoyable. Je hais la pitié, je déteste me plaindre. — La haine est aussi un sentiment. Quelle émotion ou, quelles émotions inspire cette pitié que vous haïssez tant, vous inspire du mépris ? — La tristesse. — Rien d'autre ? — La peur aussi. — Ainsi, la peur ou la tristesse seraient des émotions méprisables parce qu'elles vous inspirent le mépris ou la haine. — Quand ces émotions sont si fortes qu'elles vous paralysent, vous tétanisent, vous ligotent à vous-mêmes, rien n'avance et la plainte ne sert à rien. — Pour savoir si quelque chose est utile, il est nécessaire de l'éprouver. — Oui, mais on ne peut pas faire que ça. — Quand nous sommes victime, par exemple, d'un vol, d'une agression, d'un vi